Week end du carnaval et procès de la semaine du 11-15 mars

Samedi

Dans le cadre de la manifestation des gilets jaunes

  • 1 personne a été interpellée, et relâchée avec une date de procès.

Dans le cadre de la soirée du pré-Carnaval

  • 2 personnes condamnées en comparution immédiates lundi à 8 mois de sursis pour « dégradation », « refus de signalétique » et « identité imaginaire » (dont 2 mois pour la signalétique), et 1000 euros d’amende.
  • 1 personne sortie de GAV lundi, avec un procès fixé en septembre, pour « violence volontaire sans ITT sur flic », et une interdiction de Marseille en contrôle judiciaire.
  • 1 personne sortie de GAV lundi, avec un procès fixé le 4 avril, pour « violence volontaire sans ITT sur flic », et « refus de signalétique », et une interdiction de Marseille en contrôle judiciaire.
  • 1 personne sortie de GAV dimanche sans suite.

Dimanche

  • 1 personne a été placée en détention provisoire en attente de son procès le 18 avril, pour « violences sur keufs avec 3 jours d’ITT avec usage ou menace d’une arme » (une canette de verre), « rébellion », « refus de signalétique et d’identité ».
  • 1 personne a été condamnée en comparution immédiate mardi à 3 mois ferme avec mandat de dépôt et 3 mois de sursis, pour « violences sur keufs » et « rébellion ».
  • 1 personne a été condamnée en comparution immédiate mardi à 4 mois ferme (amené à 10 mois ferme dû à un six mois de sursis préalable) avec mandat de dépôt et 6 mois de sursis, pour « violences sur keufs » et « outrage ». Renvoi d’audience pour les parties civiles.
  • 1 personne condamnée (dans le cadre d’une CRPC) à 4 mois de sursis effaçable si 70h de TIG effectué dans les deux ans.
  • 2 personnes sorties de GAV lundi avec un rappel à loi.
  • 1 personne sortie de GAV lundi soir, avec une convocation pour une confrontation le jeudi après-midi. Elle est sortie sans charges pour le moment.

La Provence parle de 7 interpellations dans sa version écrite du lundi matin, mais de 8 dans un JT du lundi soir. Nous n’en avons recensé que 7.

Par ailleurs, une personne arrêtée le 16 février lors de la manif des Gilets jaunes a été condamnée lundi à 8 mois de prison avec sursis pour « rébellion », « dissimulation de visage », et« refus de signalétique » (dont deux pour la signalétique), 600 euros de dommages et intérêts en préjudice moraux pour chacun des deux keufs et environ 350 euros en préjudice physique pour le soit-disant bris d’une paire de lunette qui aurait été dans la veste d’un des keufs.

Et une personne arrêtée le 17 octobre 2018 dans le cadre de la lutte contre les travaux de la Plaine a été condamnée a 1 mois de sursis pour outrage envers un flic.

Manifestation du 2 février

Un bilan pas forcément exhaustif de la répression des manifs, des blocages, depuis les manifestations du 2 février.

Pendant la manifestation du 2 février, 6 personnes ont été interpellées, pour des charges de violence sur flics, d’outrage, de rébellion, et peut-être pour d’autres motifs dont la legal team n’a pas eu connaissance. Ces interpellations ont principalement eu lieu en fin de manifestation.

Lors de la manifestation du 9 février, 3 personnes ont été arrêtées le soir. Deux ont été relâchées sans charge, et une a écopée d’un rappel à la loi pour « outrage ».

Au tribunal lundi 4 février :

  • Un lycéen actuellement incarcéré aux Baumettes depuis les blocages lycéens du début du mois de décembre a été déferré en comparution immédiate pour usurpation d’identité. Réquisitoire du procureur : 3 mois fermes avec mandat de dépôt (donc une prolongation de sa peine). Après délibéré, il prend 80 heures de Travaux d’Intérêt Général.
  • Une personne du mouvement Gilet Jaune passe en comparution immédiate pour outrage suite à une vidéo postée sur Facebook. Malgré la tentative de l’avocat de faire passer l’outrage en droit de la presse, et donc de demander la nullité de la procédure puisque le droit de presse ne relève pas du code pénal, la personne prend 6 mois de sursis. Cette comparution immédiate confirme la grande attention des flics sur les réseaux sociaux. Cette personne était également inculpée pour complicité de violence sur personne dépositaire de l’autorité publique, accusée d’avoir désigné des flics aux manifestant-e-s des flics, et d’avoir demandé à la foule de les taper. Les déclarations des flics ne tiennent pas debout et sont démontées par des incohérences horaires. Le démontage des accusations se fait en utilisant le bornage téléphonique. Cette fois-ci, cela « sert » l’inculpé, mais cela doit aussi nous indiquer que les téléphones sont des balances, et que la justice les utilise très facilement.

Manifestation du 26 janvier

Voici le bilan des personnes s’organisant dans la street medic, la legal team, ou dans la coordination contre la répression. Ce bilan n’est pas nécessairement exhaustif, et est fait par des personnes participant aux luttes, et assistant aux audiences en comparution immédiate.

Il a été noté quelques éléments important à souligner pour les faire circuler :

  • Pas mal d’interpellations ont lieu assez longtemps après les faits reprochés aux personnes, et se font sur des signalements vestimentaires.
  • Les personnes n’ayant pas fait d’aveux en garde à vue prennent globalement des peines moins lourdes.
  • Les caméras de vidéo surveillance sont souvent inexploitables dans les audiences, s’il n’y a pas eu d’aveu, il n’y a souvent pas de preuve.
  • Au tribunal, de nombreuses remarques humiliantes, racistes, des remarques complètement paternalistes du juge (conseils d’arrêter de manifester, remarques sur la langue de la personne inculpée, remarques type « qu’est ce qu’il fait encore là ? Il devrait rentrer chez lui » à propos d’une personne sans papier, remise en cause systématique des dénonciations de violences policières…).

Personnes blessé.e.s

(recensées par la street medic) :

Centre Bourse :

  • Un homme la quarantaine nez en sang coup de matraque.
  • Coup de matraque et fracture du nez.
  • Tir de LBD40 au niveau de l’arcade, œil droit, plaie très profonde en forme d’Y, d’environ 6 centimètres de long, 5 points de suture. Un énorme hématome autour de l’œil (qui est pour le moment à moitié fermé) et jusqu’à l’oreille droite.
  • Plusieurs hématomes du à des coups de matraques.
  • Une femme la trentaine, brûlure de frottement (elle est tombée), plus doigt sûrement cassé par coup de matraque.


Personnes interpellé.e.s

(information La Provence croisées avec les informations de la legal team) : 7 interpellations

Bilan des passages en comparution immédiate
 :

  • 1 personne accusée de « participation à un groupement en vue de commettre des violences contre des personnes ou dégradation de biens ».
    Interpellée avec une pierre dans la poche.
    8 mois de prison dont 6 avec sursis, avec mandat de dépôt.
  • 1 personne accusée de « participation à un groupement en vue de commettre des violences contre des personnes ou dégradation de biens ».
    Interpellée avec une/des pierre(s) dans le sac, selon les keufs.
    8 mois de prison dont 4 avec sursis, avec mandat de dépôt.
  • 1 personne accusée de« violences sur personne dépositaire de l’autorité publique », en l’espèce jet de projectile.
    10 mois de prison dont 6 de sursis, sans mandat de dépôt, et 1000 euros d’amende.
  • 1 personne accusée de « participation à un groupement en vue de commettre des violences contre des personnes ou dégradation de biens » et « violences exercées sur agent ».
    Le procureur demande 12 mois d’emprisonnement et 4 mois avec sursis + interdiction d’exercer un métier de soins dans la fonction publique (cette personne poursuit une formation d’ambulancier).
    Verdict : 1 an d’emprisonnement avec mandat de dépôt et 1000 euro de dédommagement pour un flic.
  • 1 personne accusée de« participation à un groupement en vue de commettre des violences contre des personnes ou dégradation de biens », « résistance avec violence à l’action des forces de l’ordre » et « jet de projectile ».
    Verdict : 6 mois d’emprisonnement sans mandat de dépôt et 6 mois de sursis.
  • 1 personne a été condamnée à 6 mois de prison avec mandat de dépôt pour « violences sur personne dépositaire de l’autorité publique n’ayant pas causée d’ITT », et « rébellion ».
  • 1 personne a été condamnée à 2 ans de prison avec mandat de dépôt, pour « violences sans ITT », « rébellion », et « port d’arme de catégorie D ».

Manifestation du 19 janvier

Personnes blessé.e.s samedi 19

  • Une femme touchée à la tête et prise en charge devant la mairie.
  • Utilisation de grenades de désencerclement depuis une position sur-élevée devant St Charles (3m de haut)
  • Un enfant de 8 ans frappé volontairement au genoux par un GM au niveau de Réformé-Canebière. Grosse ecchymose et difficulté pour marcher dans les minutes qui ont suivies.
  • Victime d’un tir de lbd 40 à la main au niveau de la gare St Charles. Fracture au métacarpe externe et œdème, une nuit d’hospitalisation. 6 semaines d’attelle et autant de rééducation.
  • Gaz lacrymo particulièrement agressifs, des centaines de manifestant.es soignées au malox avec sensation de brûlures.
  • Une manifestante qui avait le dos brûlé à cause d’un palet qui s’était coincé dans sa capuche.
  • Coup de poing de la BAC. Blessure à la tête, saignement abondant, possible points de suture.
  • Coup de matraque à la tête, vertiges et saignement de l’oreille gauche.
  • Nombreuses plaintes post-manif des effets secondaires des gaz : remontées d’acide gastrique, perte d’équilibre, vertige.

Personnes interpellées samedi 19
6 interpellations

Bilan des comparutions immédiates du lundi 21

  • Deux personnes passent pour « participation à un groupement dans le but de commettre des violences et pour violence sur PDAP ».
    Verdict : interdiction du centre ville de Marseille, contrôle judiciaire, 400 euros de dommages et intérêt.
  • Une personne passe pour « violences sur PDAP sans ITT ».
    Verdict : 5 mois fermes sans mandat de dépôt. Remarques humiliantes de l’avocate commise d’office (notamment sur la compréhension de la personne).
  • Une personne passe pour « violences sur PDAP », en l’occurrence un jet de pétard. Le proc a collé de la préméditation en plus, en argumentant que la personne avait acheté les pétards, et qu’il y avait donc préméditation.
    Verdict : 6 mois de sursis
  • Une personne passe pour « outrage », « participation à un groupement en vue de commettre des violences », et « violences sur PDAP ».
    Verdict : 2 mois de ferme sans mandat de dépôt.

Manifestation du 12 janvier

Blessé.es samedi 12

  • Gazs etc., crises de paniques, sensations de brûlures, tir de LBD en rafales.
  • Belsunce, un homme qui a reçu des projectiles de grenades sur le bras/coude droit. Contusions.
  • Belsunce témoin d’une jeune atteinte au mollet par un tir de LBD. Gros hématome.
  • Témoin à Belsunce de l’agression d’une personne aux poings et boucliers. Vu avec du sang sur tout le visage. La police à empêché des medics d’intervenir.
  • Un manifestant aurait reçu des violents coups de matraque (par les CRS ? par les bacqueux ?) sur le visage.
  • Un autre manifestant aurait lui aussi été matraqué au visage et cela aurait été devant le commissariat de Noailles.

Personnes interpellé.e.s samedi 12
4 interpellations

Comparutions immédiates et reports de procès du lundi 14

  • 1 personne accusée d’« outrage sur personne dépositaire de l’autorité publique ».
    Verdict : obligation de soin et des conseils du juge de « ne plus aller en manif, et d’éviter tout ce qui a la couleur jaune le samedi »
  • 1 personne accusée de « recel » pour la manif du 8 décembre pour une montre.
    Verdict : 8 mois fermes avec mandat de dépôt. La personne en question est aussi accusée d’irrégularité de présence sur le territoire français, elle n’est pas condamnée pour cette accusation, mais est tout de même susceptible de subir des poursuites administratives.

Manifestation du 15 décembre

Communiqué des street-medics de Marseille sur la journée du samedi 15 décembre 2018

 

Suite à la répression vécu lors du mouvement du 15 décembre. Le communiqué sur les prises en charges et les témoignages récoltés par les Street Medic Marseille.

Face à la répression qui touche tous les mouvements sociaux et à la dangerosité des armes de la police, des militant.e.s s’organisent pour porter assistance aux manifestant.e.s agressées par les forces de l’ordre.

Pour cette journée, nous dénonçons particulièrement la stratégie d’intimidation mise en place par les forces de l’ordre : une présence au contact permanent du cortège qu’ils soient en uniforme ou en civil, de nombreuses interpellations ostentatoires tout au long du parcours, la présence de deux véhicules blindés sur le vieux port.

Voici un bilan non exhaustif des blessé.e.s recensées ce jour, sachant qu’il ne restitue que les prises en charge que nous avons effectuées ou constaté, sachant que nous ne sommes qu’un petit nombre de médics et que tou.te.s les blessé.e.s ne passent pas entre nos mains.

  • 3 Arrestations violentes : dont 1 dont nous savons qu’elle a entraîné des blessures.
  • 6 Personnes Frappé.e.s avec boucliers et tonfas/matraques : entraînant (pour ce qui a pu être recensé) 1 prise en charge médecin et 2 départ pour les urgences avec des ami.e.s.
  • 3 Personnes Blessé.e.s par flashball : dont 1 prise en charge pompier (selon ce qui a pu être recensé).
  • 2 Personnes atteintes par des éclats de grenades (dans les jambes, hématomes + grand qu’une main et plaies) dont 1 prise en charge par les pompiers selon ce qui a pu être recensé.
  • 1 « Crise d’angoisse ».
  • 1 « Passage à tabac par les forces de l’ordre » pris en charge par pompiers.
  • 6 Prise en charge par plusieurs medics différente.e.s et des conseils.
  • 3 Prise en charges des pompiers.
  • 2 Départ aux urgences par tiers.
  • 1 Consultation médecin au commissariat.

Nous rappelons la mort de Zineb Redouane, 80 ans, décédée des suites de sa blessure par une grenade lacrymogène reçue au visage le 1er décembre 2018, nous ne l’oublierons pas.

Manifestation du 8 décembre

Boucherie au tribunal : communiqué de la Legal Team sur les audiences du 10/12

Lundi 10 décembre 14h, tribunal correctionnel de Marseille. Deux chambres correctionnelles ont exceptionnellement été ouvertes pour traiter en deux jours l’afflux des 50 personnes interpellées durant la manifestation du 08 décembre à Marseille. 24 prévenus passeront en audience ce lundi. Une véritable boucherie dont nous relayons ici le résultat.

Lire la suite sur Marseille Infos Autonomes.

  • 5 renvois de procès avec détention provisoire (3 pour le 19 janvier, 1 pour le 16 janvier, et 1 pour le 27 décembre).
  • 1 refus de comparution immédiate avec détention provisoire jusqu’au 24 décembre.
  • 2 renvois de procès avec contrôle judiciaire et interdiction de manif.
  • 5 renvois de procès avec contrôle judiciaire.
  • 1 personne condamnée à 6 mois ferme, avec mandat de dépôt, pour port de fumigène.
  • 1 personne condamnée 8 mois fermes aménageables et à 2 ans de sursis, sans mandat de dépôt, pour renvoie de lacrymo.
  • 1 personne condamnée 6 mois fermes aménageables, sans mandat de dépôt, pour violences sur PDAP.
  • 2 personnes condamnée à 6 mois de sursis pour participation à attroupement en vue de commettre dégradations, actions violentes, etc.
  • 1 personne condamnée à 3 mois de sursis avec mise à l’épreuve.
  • 1 personne condamnée à des jours amendes pour participation à attroupement en vue de commettre dégradations, actions violentes, etc.
  • 3 personnes sont relaxées pour participation à attroupement en vue de commettre dégradations, actions violentes, etc.

Communiqué des Streets-Médics de Marseille sur la journée du samedi 8 décembre 2018

 

Recensement des blessures dont nous avons eu connaissance suite aux violences policières de la journée du 8 décembre à Marseille.

Nous dénonçons par le présent communiqué une répression violente de cette journée où plusieurs manifestations ont déferlé dans les rues de Marseille et convergé à certains endroits.
Nous nous inquiétons du recours systématique et alarmant de la violence physique pour faire taire toute protestation : lycén.nes, habitant.es d’immeubles délabrés, gilets jaunes, citoyen.e.s pacifistes, etc. La règle reste de semer la peur et de décourager toute forme de revendication.
Les journaux le dimanche 9 prennaient acte de quelques blessé.es léger.e.s dont certain.e.s emmené.e.s aux urgences, comptabilisant moins d’une dizaine de cas, là où nous en relevons plusieurs centaines. Ces informations ne sont pas seulement fausses, elles invisibilisent la réelle ampleur de la violence perpétuée par les forces de l’ordre. Concrètement, ce samedi soir les urgences de La Timone étaient débordées, comme les services de premiers secours, centre d’appel du 15 ou équipes opérationnelles des pompiers. Ceux-ci, en manque d’effectifs face à l’ampleur de la situation, se sont vus contraints de nous confier des blessé.e.s, parfois graves, afin de répondre à d’autres appels.
C’est pourquoi nous souhaitons communiquer notre propre recensement des bléssé.e.s, bien que nous soyons conscient.e.s qu’il ne s’agit que d’une infime proportion du nombre réel de victimes, ce qui s’explique par notre actuel petit nombre de streetmedics et que nous savons que beaucoup de victimes ne passent pas entre nos mains lors des manifestations. Sans compter les passages à tabac dans les comissariats. Bien que partiel et loin d’être exhaustif, notre bilan démontre la violence déployée par le maintien de l’ordre, lors de la manifestation puis après sa dispersion ciblée dans les quartiers de Belsunce et de Noailles. De nombreux.euses manifestant.es ont été victimes de groupes de la BAC (Brigade Anti-Criminalité) extrêmement mobiles et agressifs. Leur deploiement a systématiquement lieu dans les quartiers populaires de la ville, faisant alors des victimes parmis les habitant.es et les passant.es. Le délit de faciès semble également rester un critère de choix, nous avons pu l’observer. Ce sont ces policiers en civil qui ont provoqué les blessures les plus graves que nous ayons eu à prendre en charge ce jour. Nous tenons à rendre public cet état de fait.

Voici notre recensement des personnes blessées par les forces de l’ordre ce jour, prises en charge ou signalé.e.s aux medics :

MOUVEMENTS DE FOULE PROVOQUES PAR LES FORCES DE L’ORDRE : (3)
Une personne a chuté sur l’avant-bras + poignet + petit doigt, très gonflé, hématome, très douloureux (attente contrôle radio de fracture), une autre personne blessée à la cheville suite à sa chute, … Plusieurs charges de policiers en civil ainsi que des tirs de grenades lacrymogènes sur des groupes de personnes statiques ou en marge de la manifestation ont été signalés.

GAZS LACRYMOGENES : (indenombrables + 4)
De nombreuses personnes réellement mises à mal par les gazs lacrymogènes, jusqu’au malaise ou états de choc.
1 crise d’asthme prise en charge.
2 personnes blessées par des palets : à 12h un hétamone sur le tibia droit et à 17h30 un palet reçu à la tête, sur la Canebière.
Vertiges et malaises signalés le dimanche suite à l’exposition aux gazs. Nous nous inquiétons des effets mal connus de ces gazs utilisés à outrance et de leur toxicité.

FLASHBALL/LBD : (24)
A noter particulièrement : le signalement de balles défensives reçues dans le dos, l’abdomen ainsi qu’au visage et à la tête, avec les dangers que l’on sait, manfifestes de tirs tendus de flashball à bout portant sur des personnes aux abords de la manifestation, notamment une dame avec son bébé et un monsieur avec des béquilles réfugié.es dans l’encadrement d’une porte.
1 personne atteinte au pied par un LBD.
2 personnes par coup de flashball dans le tendon d’Achille.
5 personnes atteintes aux jambes, dont une avec plaie : collant troué derrière le genou, saignement, hématome.
2 personnes dont un photographe ont reçu des tirs au niveau des fessiers entrainant des hématomes.
3 personnes présentant des hématomes par flashball au niveau de l’abdomen.
2 personnes atteintes au niveau du Thorax ou de la poitrine.
2 personnes atteintes dans le dos.
2 personnes blessées à l’épaule.
16h30, angle de la rue Saint-Ferréol-Canebière au niveau du magasin d’Orange, une personne immobile contre le mur reçoit une balle de LBD40 au dessus du coude-triceps.
5 personnes atteintes à la tête dont 4 avec plaies ouvertes : plaie du front, plaie du crâne soignée par 4 points de suture, 1 plaie ouverte arcade sourcilière, 1 plaie ouverte au niveau de la machoire.

GRENADES DESENCERCLANTES : (nombreuses personnes atteintes + 1)
16h30, angle de la rue Saint-Ferréol-Canebière : Vu tir de grenades. Une personne a vu l’explosion à 30 cm de ses pieds.
Nombreuses personnes qui boitent.
1 personne atteinte par projectile de grenade désencerclement à la cheville, gonflement ++++ : 5 jours d’attèle prescrits aux urgences.
1 personne atteinte au niveau de la malléole externe droite, à brûler la chaussure jusq’à atteinte brûlure des tissus.

PROJECTILES NON IDENTIFIES PAR LES VICTIMES : (6)
1 plaie au front saignant beaucoup sur une personne très choquée qui n’a pas pu identifier le projectile.
1 personne qui s’est pris un flashball ou un éclat de grenade dans l’arcade au dessus du nez, oeil gauche.
1 personne avec blessure à la tête, Réformés.
1 personne avec grosse plaie de projectile, un flashball ou un éclat de grenade sous le menton qui saignait beaucoup, Canebière.
2 personnes blessées au pied. Les deux ont de gros hématomes, le pied enflé et ont du mal à marcher.

CHARGES ET MATRAQUAGE DE LA BAC LORS DE LA « DISPERSION » : (8)
A noter que ce bilan alarmant est forcément tronqué par le caractère diffus et rapide des mouvements à ce moment, les street-médics se faisant également disperser. Toutefois nous témoignons avoir observé de nombreuses charges très agressives des policiers en civil et entendu beaucoup de flashball et/ou LBD qui nous laissent craindre d’autres nombreuses personnes salement blessées.
1 personne inconsciente prise en charge par les pompiers, Noailles.
1 personne avec un trauma cranien important infligé par la BAC rue St-Férréol, évacuée par les pompiers, opérée en neurochirurgie et encore hospitalisée à l’heure où nous publions ce communiqué.
2 personnes matraquées sur la tête, dont un évacué par les pompiers, fracture du crâne confirmée aux urgences pour les deux et trauma cervical pour l’une des deux.
1 personne matraquée par 4 policiers en civil bléssée au genou et à la cheville, avec au moins une probable fracture.
1 personne à la cheville tuméfiée par coup de matraque de la BAC, dans l’impossibilité de marcher, evacuée par les pompiers, Belsunce.
1 tuméfaction sur le crâne par matraque de la BAC, en bas de Noailles.
18h, près du Centre Bourse un passant qui se dit littéralement « lynché » par la BAC : insultes et coups de matraque dans les jambes (boitement) et plaie ouverte au crâne.

Nous rappelons qu’il y a seulement une semaine, Zineb Redouane, 80 ans recevait une grenade lacrymogène au visage alors qu’elle fermait ses volets au 4ème étage du 12 rue des Feuillants et qu’elle en est morte. Nous ne l’oublierons pas.

Par ce communiqué nous revendiquons de venir en manifestation équipé.e.s de matériel de soin et rappelons qu’en aucun cas celui-ci ne peut être saisi au titre d’arme par destination ou d’anticipation de la violence.

 

 

 

Semaine du 03 au 07 décembre

Au cours des blocages lycéens du début de la semaine et de la manif lycéenne du 6 décembre, entre 10 et 20 interpellations ont eu lieu. Pour ce qui est des inculpations, nous avons comme information partielle :

  • 1 personne condamnée à 8 mois ferme aménageable sans mandat de dépôt, et 2 ans de sursis (comparution immédiate du lundi 10 décembre ;
  • 1 personne en détention provisoire jusqu’au 20 décembre ;
  • 2 personnes en attente de procès avec mesures de réparation ;
  • 1 rappel à la loi ;

Certaines personnes ont été déférées devant le juge pour enfants. Nous n’avons pas encore d’informations sur les peines prononcées. Des arrestations de personnes soutenant les lycéens ont également eu lieu. De nombreux-ses lycéen-e-s ont été blessé-e-s (notamment à coups de flashballs).