Manifestation du 1er décembre 2019

Zineb Redouane, blessée par une grenade lacrymo est décédée à l’hôpital à Marseille

Zineb Redouane, une femme de 80 ans, blessée samedi dans son appartement par des éléments d’une grenade lacrymogène tirée lors d’incidents sur la Canebière après les manifestations à Marseille, est morte dimanche 2 décembre au bloc opératoire de l’hôpital de la Conception.

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Arrestation / comparutions immédiates

Samedi 1er décembre, pendant la manif pour le logement digne, et les suites de celles-ci, 23 interpellations ont eu lieu.

11 personnes ont été déférées devant le tribunal. 6 ont été jugées en comparution immédiate, les 5 autres seraient en préventive en attente d’un procès en décembre.

Sur les 6 personnes jugées (et pour les infos qu’on a pu récupérer malgré la fermeture du tribunal) :

  • 1 personne condamnée à 2 ans fermes avec mandat de dépôt ;
  • 1 personne condamnée à 6 mois fermes avec mandat de dépôt ;
  • 1 personne condamnée à 2 mois fermes avec mandat de dépôt ;
  • 1 personne condamnée à 4 mois de sursis ;
  • 1 personne aurait été relaxée ;
  • 1 personne dont est sans nouvelle.

Communiqué streetmedics

Recensement non-exhaustif des blessé.es du 1er décembre 2018 à Marseille des suites des violences policières qui se sont exercées à l’encontre des manifestant.es et de la population.

En réponse aux violences policières qui se sont exercées lors des différentes manifestations au niveau national et ici à Marseille : Noailles, la Plaine, les gilets jaunes, les lycéen.nes ; des militant.e.s s’organisent pour prendre en charge et dénoncer la mise en danger des manifestant.es et de la population par les forces de l’ordre et leurs commanditaires. La peur est un outil de répression. Un tel niveau de violence atteste d’une stratégie d’intimidation volontaire et récurrente, exécutée par les forces de l’ordre avec pour but de décourager les manifestant.e.s.

Le caractère massif de cette répression ne permet pas d’établir un relevé exhaustif des personnes blessées, choquées physiquement ou psychologiquement ce jour. Toutefois le recensement opéré par le collectif streetmédic permet de prendre une mesure du degré de la violence employée pour réprimer la manifestation :

Tout d’abord, la répression d’État a causé la mort de Zineb Redouane, âgée de 80 ans. Elle est décédée au bloc opératoire le 2 décembre des suites des blessures d’une bombe lacrymogène reçue au visage, lors de la manifestation de la veille, alors qu’elle était dans son appartement au 4ème étage.

Sur la Canebière une autre personne a reçu une grenade lacrymogène sur le front juste au dessus de l’œil droit, avec une commotion entraînant son évacuation immédiate vers un hôpital.

Tout au long de la manifestation, un nombre incalculable de personnes souffrant d’intoxication par les gaz lacrymogènes : plusieurs suffocations allant jusqu’aux malaises, dont deux prises en charge par les pompiers. Une femme enceinte de huit mois avenue Roosevelt et sur Gambetta, une femme d’une soixantaine d’année en état de choc (désorientée et difficulté à respirer). Toujours en conséquence du gazage intempestif, on a également recensé plusieurs crises d’asthmes, une chute ayant entraîné une fracture du doigt, de nombreuses personnes affolées et une quantité inchiffrable de sérum physiologique administré en rinçage oculaire.

Une personne a reçu un flashball au niveau de l’abdomen avec l’apparition immédiate d’un hématome sous-costal important.
Une personne a reçu un « projectile » non-identifié des forces de l’ordre au bras, avec hématome immédiatement visible.
Une personne s’est fait arracher l’ongle du gros orteil.
Trois personnes ont présenté des plaies du scalp dont une reçue par une matraque télescopique qui a nécessite la réalisation de trois points de suture à l’hôpital.
Une personne a été assourdie par l’explosion à proximité de son visage d’une grenade GLIF4.

Voilà un bilan non exhaustif des prises en charge de violences policières dont nous avons eu connaissance. Les blessures causées par les forces de l’ordre lors des événements de ce samedi 8 décembre sont actuellement entrain d’être recensées. Un communiqué sera publié prochainement. Un quotidien local publiait ce matin que l’on comptait « 7 blessés légers dont 5 emmenés aux urgences, dont les blessures étaient causées essentiellement par des projectiles ». Nous pouvons d’or et déjà affirmer, au vue des témoignages et des prises en soin effectués le 8.12, que ces informations sont fausses. Elles invisibilisent la réelle ampleur des violences perpétuées par les forces de l’ordre à l’encontre des manifestant.es comme de la population.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Novembre 2018

Vendredi 9 novembre (Lutte pour la Plaine)

Une personne interpellée, relâchée après un contrôle d’identité.

Mercredi 14 novembre (Marche de la colère – Noailles)

Nombre d’interpellations inconnu. De nombreuses violences policières:

Qui nous protège de la police ?

C’est la question posée par les 70 Marseillais.es qui témoignent dans ce recueil compilé par le Collectif du 5 novembre, donnant suite à une après-midi de travail collectif réunissant les victimes et les témoins des violences du 14 novembre, lors de la Marche de la Colère et bien après sa dispersion.

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Samedi 24 novembre (Lutte pour la Plaine)

2 personnes ont été placées en GAV. Elles ont été chacune condamnées à 4 mois fermes sans mandat de dépôt pour « violences sur flics » (jet de projectile).

Octobre 2018

Jeudi 11 octobre (Lutte pour la Plaine)

5 personnes ont été arrêtées et placées en garde à vue (GAV).

  • Une personne a été placée en détention provisoire aux Baumettes, sous les chefs de violences sur personne dépositaire de l’ordre publique ayant entraîné 10 jours d’ITT, refus de signalétique, refus ADN, et rébellion. Elle a été remise en liberté le 29 octobre à l’occasion de son procès en appel, avec interdiction de quitter le département de l’Isère. À l’occasion de son procès le 12 novembre, elle a été condamnée à 4 mois de sursis pour rébellion, 3 mois de sursis pour refus de signalétique, deux fois 700 euros de dommages et intérêts pour les keufs. Le chef de violences n’a pas été retenu, et une autre audience aura lieu en octobre 2019 pour statuer sur les dommages et intérêts du 3e keuf.
  • 3 personnes sont sorties après 48h de GAV, leur procès est fixé au 6 mars 2019. Elles sont accusées respectivement de jet de projectiles en direction d’un camion ; jet de bouteille ; et violence sur personne dépositaire de l’ordre publique ayant entraîné 2 jours d’ITT, refus ADN, et rébellion. Elles sont toutes trois sous contrôle judiciaire hebdomadaire, et interdite selon les cas de la Plaine ou du 1er arrondissement.
  • Une personne a été relâchée sans charge après 24h de GAV.

Samedi 13 octobre (Lutte pour la Plaine)

2 personnes ont été arrêtées

  • Une personne a reçu un rappel à la loi.
  • Une personne inconnue dont on est sans nouvelles.

Mardi 16 octobre (Lutte pour la Plaine)

5 personnes ont été placées en GAV.

  • 3 personnes sont passées en comparution immédiate le jeudi. Deux d’entre elles, inculpées pour violences sur personne dépositaire de l’ordre publique n’ayant pas entraîné d’ITT, ont été relaxées. La troisième, inculpée pour violences sur personne dépositaire de l’ordre publique n’ayant pas entraîné d’ITT, violences sur personne dépositaire de l’ordre publique ayant entraîné 2 jours d’ITT, et résistance violente à l’arrestation, a été condamnée à six mois de prison avec sursis, plus deux fois 300 euros de dommages et intérêts pour les flics, et une nouvelle date de procès le 29 septembre 2019 pour statuer sur les dommages et intérêts de deux autres flics.
  • 2 personnes ont été relâchées sans charges après 24h de GAV.
    De plus, 3 personnes ont été amenées au poste pour un contrôle d’identité, et une personne a reçu une amende de 45 euros pour avoir grimpé dans un arbre.

Mercredi 17 octobre (Lutte pour la Plaine)

Une personne inculpée pour outrage, elle est sortie après 24h de GAV, procès le 14 mars.

Samedi 20 octobre (Lutte pour la Plaine)

2 personnes arrêtées après la manif, relâchées sans charges après 24h de GAV.

Samedi 27 octobre (Lutte pour la Plaine)

2 personnes arrêtées sur la Plaine, relâchées sans charges après 24h de GAV.

Lundi 29 octobre (Lutte pour la Plaine)

2 personnes interpellées, la première a été relâchée peu après, la seconde le lendemain après 24h de GAV.

Mercredi 31 octobre (Lutte pour la Plaine)

2 personnes arrêtées : La première a reçu une convocation pour juin 2019 ; la seconde a du se rendre à l’hôpital le soir même, avec une convocation pour une GAV le lundi suivant. Elle en est ressortie sans charge.

Bilan au 5 février 2019

Pendant la manifestation du 2 février, 6 personnes ont été interpellées, pour des charges de violence sur flics, d’outrage, de rébellion, et peut-être pour d’autres motifs dont la legal team n’a pas eu connaissance. Ces interpellations ont principalement eu lieu en fin de manifestation.

 

Au tribunal lundi 4 février :

  • Un lycéen actuellement incarcéré aux Baumettes depuis les blocages lycéens du début du mois de décembre a été déferré en comparution immédiate pour usurpation d’identité. Réquisitoire du procureur : 3 mois fermes avec mandat de dépôt (donc une prolongation de sa peine). Après délibéré, il prend 80 heures de Travaux d’Intérêt Général.
  • Une personne du mouvement Gilet Jaune passe en comparution immédiate pour outrage suite à une vidéo postée sur Facebook. Malgré la tentative de l’avocat de faire passer l’outrage en droit de la presse, et donc de demander la nullité de la procédure puisque le droit de presse ne relève pas du code pénal, la personne prend 6 mois de sursis. Cette comparution immédiate confirme la grande attention des flics sur les réseaux sociaux. Cette personne était également inculpée pour complicité de violence sur personne dépositaire de l’autorité publique, accusée d’avoir désigné des flics aux manifestant-e-s des flics, et d’avoir demandé à la foule de les taper. Les déclarations des flics ne tiennent pas debout et sont démontées par des incohérences horaires. Le démontage des accusations se fait en utilisant le bornage téléphonique. Cette fois-ci, cela « sert » l’inculpé, mais cela doit aussi nous indiquer que les téléphones sont des balances, et que la justice les utilise très facilement.